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Joachim Bernier de La Brousse · Barroco

C’est faillir grandement de penser que notre âme

francés

C’eſt faillir grandement de penſer que noſtre ame

En l’abſence de l’œil qui la domte en aymant,

Recognoiſſe amoindrir ſon amoureux tourment,

Et viue ſans ſoucy, ſans danger, & ſans blaſme.

Non, cela n’eſt point vray, ie le ſçay bien, Madame,

Car ores eſlongné de mon contentement,

Ton ſouuenir parfait me nuit plus durement

Que ne fait pres de toy le doux traict qui m’entame :

Les bois n’ont peu cacher ſoubz leurs rameaux touffus

Mes dures paſſions qu’ont cauſé tes refus,

Bien que ſoubs ceſt eſpoir i’euſſe fuy ta preſence :

Las ! on ne peut forcer l’ordonnance des Cieux,

Amour eſt inuaincu de tous temps, en tous lieux,

Et par diuers effects nous monſtre ſa puiſſance.

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Autor
Joachim Bernier de La Brousse
Título
C’est faillir grandement de penser que notre âme
Lengua
francés
Época
Barroco
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-cest-faillir-grandement-de-penser-que-notre-ame--joachim-bernier-de-la-brouss-786390
Cita recomendada
Joachim Bernier de La Brousse, «C’est faillir grandement de penser que notre âme», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-cest-faillir-grandement-de-penser-que-notre-ame--joachim-bernier-de-la-brouss-786390.html

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